« Faire ses humanités. Aspirations et entrée en études des admis en licence d’arts, lettres, langues et sciences humaines »

Lundi 13 juin 2022 14h

Salle D29, Maison de la recherche Université Toulouse Jean Jaurès

Jury : Lemistre, Philippe (directeur) ; Blanchard, Marianne (co-directrice) ; Van Zanten, Agnès (rapporteuse) ; Harari-Kermadec, Hugo (rapporteur) ; Jacques, Marie-Hélène (examinatrice) ; Ichou, Mathieu (examinateur)

Résumé de la thèse :

« À travers l’exploitation des bases Admission Post Bac et d’entretiens, cette thèse s’intéresse aux aspirations d’orientation et parcours d’études des admis dans les filières d’humanités. L’orientation y est abordée de manière multifactorielle, combinant la prise en compte de l’origine sociale (volume et structure des capitaux), du genre, du parcours scolaire et des variables subjectives (satisfaction liée aux vœux). La dimension territoriale de l’orientation est également étudiée à travers l’analyse des choix dans l’académie de Toulouse. Les résultats montrent la place intermédiaire qu’occupent les disciplines en humanités aussi bien dans l’espace de l’ensemble des formations d’enseignement supérieur qu’à l’échelle des disciplines universitaires. Les données permettent en outre de distinguer les filières qui composent ce regroupement : si le public accueilli est socialement et scolairement plus homogène que celui dans les autres secteurs disciplinaires, certaines disciplines apparaissent plus ou moins féminisées, plus ou moins ouvertes socialement. La thèse montre ensuite que l’orientation en humanités est une orientation majoritairement souhaitée par celles et ceux qui y sont admis, même si l’on peut parfois parler d’orientation contrariée (davantage que par défaut). En outre, l’orientation au sortir du secondaire apparaît encore principalement locale, mais la thèse met également en évidence le début d’une segmentation horizontale entre les formations, dont se saisissent les plus favorisés. Enfin, la troisième partie relative aux parcours d’études permet de faire ressortir l’intérêt intellectuel des étudiants pour la formation, sans pour autant que les projets d’études ou professionnels ne soient inexistants. Cela se matérialise par une forte diversité de parcours au cours des trois premières années d’études. Le poids de l’orientation contrariée dans ces parcours est alors mis en évidence, démontrant par conséquent le rôle nécessaire d’espace de régulation qu’est amenée à jouer l’université et la nécessité d’appréhender l’orientation sur le temps long. »