Identifier les facteurs principaux de cause de surpoids des adolescentes et adolescents néo-calédoniens pour mieux prévenir et gérer.

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©DR Animation d'une classe de college LIRE CERTOP

Cette recherche interdisciplinaire vise à identifier les facteurs principaux de cause du surpoids des adolescentes et adolescents néo-calédoniens, tant au plan physiologique que socio-économique, compte-tenu de différents critères (culture alimentaire, niveau d’activité physique, temps passé devant des écrans, etc.). Une meilleure connaissance de ces facteurs est nécessaire pour développer des interventions visant à prévenir et à gérer le surpoids dans cette période cruciale de la vie. Ces connaissances peuvent ainsi constituer le support d’une politique éducative en adéquation avec les réalités rencontrées sur le terrain.

Les régimes alimentaires des populations insulaires du Pacifique ont subi une transition brutale et récente liée notamment à l’accès facilité aux aliments transformés. La Nouvelle-Calédonie est composée d’une population multiculturelle où les pratiques alimentaires diffèrent fortement selon le mode de vie des communautés, selon notamment la résidence (en milieu urbain, semi-urbain ou rural) et la culture alimentaire familiale. Bien que l’occidentalisation des pratiques alimentaires puisse contribuer à la prise de poids des populations d’ascendance océanienne, non européenne et non asiatique (ONENA), il existe peu d’éléments sur l’influence des facteurs socio-démographiques et du mode de vie sur le surpoids des adolescentes et adolescents mélanésiens et polynésiens de la Nouvelle-Calédonie.

Les scientifiques ont montré que les adolescentes et adolescents polynésiens, mélanésiens et européens vivant en Nouvelle-Calédonie peuvent différer concernant certains des facteurs précédemment corrélés au surpoids, notamment dans leurs pratiques et représentations alimentaires par rapport à leurs homologues européens, avec également des temps de sommeil plus courts.

Comme de mauvaises habitudes alimentaires et un sommeil insuffisant peuvent contribuer à la surcharge pondérale ou à l’obésité, les programmes de nutrition éducatifs comme d’aménagement urbain devraient cibler ces variables du mode de vie. De plus, dans cette étude, la principale contribution au surpoids reste le sentiment d’appartenance communautaire, c’est-à-dire se considérer comme mélanésien ou polynésien.

Méthodologie de la recherche

Cette étude a été menée entre 2018 et 2020 par une équipe interdisciplinaire composée de scientifiques relevant de la physiologie, STAPS, sociologie, linguistique, information-communication. L’équipe a mis en œuvre une double méthodologie. D’une part, une approche qualitative à base d’entretiens individuels (59 entretiens auprès d’adolescents et de leurs parents) et collectifs (15 animations de classe d’environ 25 élèves chacune) a été menée pour comprendre les pratiques et  représentations alimentaires des familles. D’autre part, une approche quantitative a été menée par questionnaire auprès de 1033 adolescents représentatifs des collégiens néo-calédoniens âgés de 11 à 16 ans sur leur fréquence de consommation par types d’aliments, leur perception et satisfaction de soi ; des paramètres anthropométriques (indice de masse corporelle, tour de taille, bio-impédancemétrie,…) ont été relevés auprès de 1011 élèves, et l’activité physique réelle mesurée à l’aide d’accéléromètre sur une durée d’une semaine auprès de 211 adolescents et un sous-échantillon des membres de leur famille.


Ce projet a obtenu l’aval du Comité consultatif d’éthique de Nouvelle-Calédonie (CCE 2018-06 001) et a été mené conformément aux principes de la Déclaration d’Helsinki. Les parents ont donné leur consentement écrit éclairé avant la participation des adolescent·es à l’étude, et tous les participants ont reçu des informations écrites de compte rendu à la fin de l’étude.

Ce projet de recherche a été financé par l’Université de Nouvelle-Calédonie et la Fondation Nestlé France. Il sera étendu en 2021-2024 à d’autres territoires du Pacifique insulaire (Vanuatu, Fidji, Salomons, Papouasie Nouvelle-Guinée, Wallis et Futuna) grâce à un financement de l’Union Européenne (Projet RISE – Horizon 2020).

Publications :

Galy, O.; Paufique, E.; Nedjar-Guerre, A.; Wacalie, F.; Wattelez, G.; Le Roux, P.-Y.; Ponidja, S.; Zongo, P.; Serra-Mallol, C.; Allman-Farinelli, M.; Frayon, S. Living in Rural and Urban Areas of New Caledonia: Impact on Food Consumption, Sleep Duration and Anthropometric Parameters Among Melanesian Adolescents. Nutrients 2020, 12, 2047.

Stéphane Frayon, Guillaume Wattelez, Emilie Paufique, Akila Nedjar-Guerre, Christophe Serra-Mallol, Olivier Galy, 2020, Overweight in the pluri-ethnic adolescent population of New Caledonia: Dietary patterns, sleep duration and screen time, The Lancet Regional Health, DOI:https://doi.org/10.1016/j.lanwpc.2020.100025

Programme de recherche :
« Culture et comportements alimentaires de la jeunesse dans les pays francophones du Pacifique au 21e siècle : exemple de la Nouvelle-Calédonie ».
Durée : 2018-2019
Financement : Fondation Nestlé pour la partie quantitative, Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) pour la partie qualitative.

Équipe de recherche :

Olivier Galy, Emilie Paufique, Akila Nedjar-Guerre, Fabrice Wacalie, Guillaume Wattelez, Pierre-Yves Le Roux, Solange Ponidja, Paul Zongo, Stéphane Frayon, Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur l’Education, EA 7483, University of New Caledonia, New Caledonia
Christophe Serra-Mallol, CERTOP UMR5044 CNRS – University of Toulouse Jean Jaurès, France
Margaret Allman-Farinelli, Charles Perkins Centre, The University of Sydney, Camperdown, Australia

Mots clés : habitudes alimentaires ; comportement nutritionnel ; ethnicité ; mode de vie ; adolescents ; développement durable ; Pacifique

Contact Certop : Christophe Serra Mallol, christophe.serra-mallol@univ-tlse2.fr

Photo : ©DR

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