Date : 11/10/2019 9 h 00 min - 12 h 00 minCategories :

« Profession féministe. Sociologie du travail salarié au sein des associations féministes. »

Auréline CARDOSO

Soutenance de thèse de doctorat en sociologie
Vendredi 11 octobre 2019, 9h
Université Toulouse – Jean Jaurès, Maison de la Recherche (salle D31), 5 allée Antonio Machado, Toulouse (31) – Comment venir ?


Jury :

Annie Dussuet, maîtresse de conférences HDR, Université de Nantes (rapporteure)
Matthieu Hély,  professeur des universités, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (rapporteur)
Nathalie Lapeyre, professeure des universités, Université Toulouse – Jean Jaurès (directrice de thèse)
Maud Simonet, directrice de recherche CNRS, Université Paris Nanterre
Vincent Simoulin, professeur des universités, Université Toulouse – Jean Jaurès (directeur de thèse)


Résumé :

Cette thèse propose une sociologie du travail salarié au sein d’associations féministes basées en France et accueillant du public. Elle s’inscrit dans la continuité des recherches déjà menées sur le salariat associatif mais également dans le champ de la sociologie du genre, du travail et des groupes professionnels, des mouvements sociaux.

Une enquête qualitative mêlant observations de plusieurs mois dans trois associations et une cinquantaine d’entretiens avec des salariées et quelques bénévoles d’associations féministes a permis de faire émerger les traits saillants d’un ethos professionnel du travail féministe. Cet ethos s’actualise dans trois sphères : la sphère du travail avec le public, celle du rapport au travail et à l’emploi et celle du rapport au féminisme et au politique. Ces trois sphères s’imbriquent fortement, permettant que se déploie un ethos professionnel cohérent, fonctionnant comme un principe expliquant les pratiques professionnelles, le rapport à l’emploi et au travail, les processus d’engagement et de désengagement dans le travail. La thèse cherche à montrer que malgré un contexte parfois très contraignant, les associations féministes peuvent être pensées comme des espaces où les professionnelles s’emploient à (ré)inventer le travail. Il s’agit également de donner à voir la spécificité d’un ethos féministe du travail transversal à l’ensemble de l’espace de la cause des femmes, tout en proposant une conceptualisation originale de l’ethos professionnel applicable à d’autres secteurs professionnels.

Mots clés : féminisme, travail, émotions, usure professionnelle, genre, ethos
professionnel


« Profession feminist. A sociology of labor within feminist nonprofit organisations. »

Abstract:

This dissertation aims to investigate how professionals working for feminist nonprofit

organisations build a specific work ethic. Based on predominantly qualitative fieldwork, this research first describes and analyses the day-to-day work performed by these professionals, highlighting their significant skills and resourcefulness, as well as the constant learning process in which they are engaged. Emotions both constitute an important part of the counselling tasks and shape a feminist rationality. The analysis then focusses on the professionals’ careers, both in terms of work and militancy. Such analysis allows us to understand how these professionals are able to dedicate so much of their time and energy to their work, as well as how they manage to find a work-life balance. Lastly, we try to show how feminism can inform specific forms of management, by looking at the example of self-managing organisations.

This fieldwork and complete study has led us to the conclusion that the work ethic of these feminist non-profit organisations realises itself within three specific spheres : the sphere of counselling in which the ethic of feminist intervention is put into practice ; the sphere of the professionals’ relationship with their work and career where the work ethic as members of a feminist non-profit organisation helps them deal with sometimes modest labour conditions ; and finally the sphere of politics and feminism as a social movement where the ethic of day-to-day feminism comes into play. The dissertation aims to show how feminist professionals try to reinvent labour within feminist organisations, despite significant pressure. It also reveals the specificities of a feminist ethos shared by a wider women’s movement, while at the same time proposing an innovative approach of the concept of work ethos, that could be prove useful for the study of other professions.

Key-words: feminism, sociology of labour, emotional labour, work-relation strain, work ethos, gender.


Financement : CDU

mise à jour septembre 2019/update september 2019

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