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Courriel/Email : nancy.nzeyimana-cyizere@univ-tlse2.fr
Axe de Recherche/Research unit : SANTAL

THÈSE

Thèse de sociologie en cours (depuis 2020) /Ph.D. Sociology Dissertation (since 2020)

La matrice de la vulnérabilité des personnes noires face à la maladie : le cas du VIH/sida en Île-de-France et Haute-Garonne.

  • The matrix of black people’s vulnerability to disease: the case of HIV/AIDS in Île-de-France and Haute Garonne.

Résumé/Abstract

La crise sanitaire du Covid 19 a mis en lumière un manque d’outillage méthodologique pour caractériser les inégalités intersectionnelles de santé en France de manière compréhensive. En effet, les personnes nées en Afrique dite « subsaharienne » ou « hors-Maghreb » ont subi une surmortalité criante sur tout le territoire, tandis que les chiffres pour les immigré·es européen·nes étaient équivalents à la moyenne des personnes nées en France. En même temps, des disparités importantes ont été observées parmi la population native en fonction du département de résidence, la Seine-St-Denis étant le plus touché.

Similairement, cette vulnérabilité différentielle à la maladie de certaines populations noires a été identifiée pour le VIH et le sida depuis plusieurs décennies. Ces sur-incidences ne peuvent uniquement être réduites à une importation des pays du Sud, des travaux récents soulignant la proportion importante de contaminations au VIH d’immigré·es d’Afrique subsaharienne pendant leur processus d’arrivée et d’installation en France, marqué par une insécurité juridique, économique et résidentielle. Il est donc pertinent de considérer l’existence de facteurs de défavorisation sanitaire transcendant les catégories d’analyses usuelles.

À travers une enquête qualitative, nous cherchons à dénaturaliser et matérialiser la proximité au VIH d’une minorité historiquement associée à la syndémie de sida, les personnes noires en France. Dans une perspective sociologique, nous considérons les noir·es comme un groupe social, une structure sérielle de positions d’infériorité. Nous décrivons donc la fabrique micro-, méso-, et macrosociale de la minoration raciale de manière intersectionnelle, comme un construit historique et politique structurant les rapports sociaux, aux conséquences manifestes sur les conditions matérielles d’existence, la surexposition aux risques et l’accès aux soins.

The Covid 19 health crisis has highlighted a lack of methodological tools to characterize health inequities in France comprehensively. Indeed, people born in so-called « sub-Saharan » or « non-Maghreb » Africa suffered glaring excess mortality rates across the territory, while the figures for European immigrants were equivalent to the average for people born in France. At the same time, significant disparities were observed among the native population according to the department of residence, Seine-St-Denis being the most affected.

Similarly, this differential vulnerability to disease of some black populations has been identified for HIV and AIDS for several decades. These over-incidences cannot only be reduced to an importation from the Global South, recent research having underlined the significant proportion of HIV infections among immigrants from sub-Saharan Africa occurring during their processes of arrival and settlement in France, marked by legal, economic and residential insecurity. It is therefore relevant to consider the existence of factors of disadvantage in health that transcend the usual categories of analysis.

Through a qualitative investigation, we seek to denaturalize and materialize the proximity to HIV of a minority historically associated with the AIDS syndemic: black people in France. From a sociological perspective, we regard black people as a social group, a serial structure of positions of inferiority. We thus describe the micro-, meso-, and macrosocial fabric of racial minoritization in an intersectional manner, as a historical and political construct structuring social relations with manifest consequences on the material conditions of existence, overexposure to risks and access to health care.

Directrices de thèse/Ph.D. Supervisors :
Stéphanie MULOT, CERTOP, Université Toulouse Jean Jaurès
Virginie ROZEE, UR14, Ined

Financement de la thèse/Ph.D. thesis funding :
Contrat doctoral UT2J, oct 2020-oct 2023

Mots-clés/Keywords

Inégalités intersectionnelles de santé ; Minoration raciale ; Santé sexuelle et reproductive ; VIH et sida ; France hexagonale.

* Intersectional inequalities in health; racial minoritization; sexual and reproductive health; HIV and AIDS; France (Hexagon).

Thèmes de recherche / Research topics

Terrains : Hexagone (Île-de-France et Haute-Garonne).

Méthodes principales : entretiens compréhensifs qualitatifs, observations directes de terrain et revue de la littérature.

Fields: Hexagon (Île-de-France and Haute-Garonne).

Main methods: qualitative in-depth interviews, direct field observations and literature review.

Formations et titres Universitaires/Training and academic qualifications

2019-2020, Master en Sciences Humaines et Sociales, Mention Études sur le Genre, EHESS, Paris, Parcours Sociologie mention TB.  Mon corps, mon choix pour qui ? Pratiques et représentations de la contraception chez des jeunes racisé·es assigné·es femmes en Île-de-France, sous la direction de Virginie ROZÉE, Ined & Mathieu TRACHMAN, Ined-EHESS

2013-2017, Bachelor of Arts, Mention Sciences Politiques, avec distinction. Amherst College, Massachusetts, États-Unis. Citoyenneté républicaine et revendications minoritaires en France : les controverses des lois Taubira (2001 et 2013). Sous la direction de Ruxandra PAUL, Amherst College.

Échange académique
2015 Cours en anthropologie, sciences politiques, histoire, et études de genre en allemand, Université de Göttingen, Allemagne

mise à jour septembre 2021 /update september 2021