Titre provisoire

«Gouverner la part sociale de la performance énergétique : les dispositifs d’accompagnement comme mode de régulation des pratiques domestiques de consommation d’énergie dans le logement social à énergie positive».

Thèse de doctorat en sociologie – en cours

VACHER Thibault

Directeur de thèse/Thesis Supervisor : Marie-Christine Zélem

Résumé/Abstract

La société française s’est développée selon un modèle énergivore notamment à travers ses modes de déplacement, d’habitat et de consommation. Face à la menace des changements climatiques, la réduction des émissions de gaz à effets de serre et des consommations d’énergie sont deux priorités pour l’action publique.

Depuis le 1er janvier 2013, la réglementation thermique 2012 (RT 2012) s’impose comme un des instruments des politiques publiques d’efficacité énergétique. Les constructions neuves doivent être « basses consommations » (BBC) et respecter des obligations réglementaires liées à leurs performances énergétiques. A partir de 2020, un nouvel instrument réglementaire (RT 2020) imposera probablement que toutes les constructions neuves soient à énergie positive (BEPOS), c’est à dire qu’elle seront censés produire plus d’énergie qu’elles n’en consommeront.

Dans le secteur du logement social, les enjeux/opportunités politiques, économiques, sociaux et environnementaux liés à la consommation d’énergie et à la performance énergétique ont conduit les bailleurs à s’engager dans des projets de constructions de logements performants (BBC et parfois BEPOS). Cependant, ces nouveaux logements atteignent rarement les niveaux de performance énergétique escomptés. Les consommations d’énergie en situation d’usage sont régulièrement plus importantes que les objectifs fixés en phase de conception des bâtiments. Les comportements des ménages sont mis en cause pour expliquer les surconsommations mesurées. Face à cette hypothèse, les bailleurs sociaux ont recours à des dispositifs d’accompagnement. Il s’agit d’opérations qui ambitionnent de changer les comportements de consommation d’énergie en informant, sensibilisant et en incitant les ménages dans une optique de réduction et de maîtrise des consommations d’énergie.

Dans l’espace domestique les consommations d’énergie représentent 30% de la consommation totale d’énergie finale du pays. Pour l’action publique française elles dessinent un fort potentiel d’économies d’énergie à exploiter. Dès lors, les pratiques de consommation d’énergie dans l’espace domestique font l’objet de formes de gouvernement qui visent à les encadrer et à les orienter dans le sens souhaité, celui de la sobriété énergétique et de la maîtrise des consommations. Ainsi, les dispositifs d’accompagnement apparaissent comme des instruments de l’action publique environnementale qui tentent d’agir sur la part sociale de la performance énergétique en essayant de changer les comportements de consommation pour qu’ils deviennent plus économes et plus « durables ».

Il apparaît que les dispositifs d’accompagnement sont nombreux, variés et multiformes notamment au regard des systèmes d’acteurs, des configurations organisationnelles, des méthodologies et des outils déployés, mais aussi selon les moyens mobilisés, les ressources disponibles et des résultats engendrés. En s’appuyant empiriquement sur deux programmes récents de logements sociaux à énergie positive, l’objectif est de décrire, qualifier, caractériser et analyser ces instruments qui tentent de gouverner les pratiques domestiques de consommation d’énergie des usagers de ces bâtiments. Plus précisément, Il s’agit dans cette thèse d’interroger la mise en œuvre de ces dispositifs ainsi que leurs modes de réception par les publics destinataires

French society has developed according to an energy-intensive model, notably through its modes of travel, housing and consumption. Faced with the threat of climate change, reducing greenhouse gas emissions and energy consumption are two priorities for public action

Since 1 January 2013, the 2012 thermal regulation (RT 2012) has emerged as one of the instruments of public energy efficiency policies. New buildings must be « low consumption » (BBC) and comply with regulatory obligations related to their energy performance. Beginning in 2020, a new regulatory instrument (RT 2020) will probably require all new constructions to be positive energy (BEPOS), ie they will be expected to produce more energy than they consume

In the social housing sector, the political, economic, social and environmental challenges / opportunities linked to energy consumption and energy performance have led donors to engage in successful housing projects (BBC and sometimes BEPOS). However, these new dwellings rarely achieve the expected energy performance levels. Consumption of energy in use is steadily greater than the targets set in the design phase of the buildings. The behaviors of households are questioned to explain the overconsumption measured. Faced with this hypothesis, the social landlords have recourse to support schemes. These are operations that aim to change energy consumption behaviors by informing, sensitizing and encouraging households with a view to reducing and controlling energy consumption.

Domestic energy consumption accounts for 30% of the country’s total final energy consumption. For the French public action, they have a strong potential for energy savings to be exploited. Consequently, practices of energy consumption in the domestic space are the object of forms of government that aim to frame and orient them in the desired direction, that of energy sobriety and control of consumption. Consequently, support schemes are seen as instruments of environmental public policy that attempt to influence the social share of energy performance by trying to change consumer behavior so that it becomes more economical and « sustainable » .

It appears that the support mechanisms are numerous, varied and multiform in particular with regard to the systems of actors, organizational configurations, methodologies and tools deployed, but also according to the means mobilized, the resources available and the results generated. Empirically based on two recent positive energy social housing programs, the objective is to describe, qualify, characterize and analyze these instruments that attempt to govern the domestic energy consumption practices of the users of these buildings. More precisely, it is in this thesis to question the implementation of these devices as well as their modes of reception by the target audiences

Financement de la thèse/Finance Thesis

Région Midi-Pyrénées, Inddigo, OPH Habitat Audois, Terreal

mise à jour septembre 2016