« Une consommation mobile numérisée : suivi des pratiques marchandes assistées avec un smartphone et adaptation des méthodes de recherche »

Jan SMOLINSKI

Thèse de doctorat en sociologie soutenue en décembre 2018

Financement de la thèse : Contrat CNRS du 14/10/2013 dans le cadre d’une convention avec l’Université de Gothenburg (Suède) pour le projet DIGCON (Digitalizing consumer culture). Dans ce cadre, affilié à l’Unité de Recherche CERTOP (Centre d’étude et de recherche Travail, Organisation, pouvoir).


Jury :

Jérôme Denis, Professeur des Universités, École nationale supérieure des Mines Paris (rapporteur)
Christian Licoppe, Professeur des Universités, Télécom ParisTech (rapporteur)
Franck Cochoy, Professeur des Universités, Université Toulouse – Jean Jaurès (directeur de thèse)
Anne Mayère, Professeure des Universités, Université Toulouse III – Paul Sabatier
Vinciane Zabban, Maîtresse de Conférences, Université Paris-13


Résumé : 

À partir des années 1990, les espaces de déambulation ont progressivement intégré des supports communicationnels numériques et ainsi instauré un flux informationnel continu. Dans cet écosystème, les usagers numériquement équipés sont devenus détenteurs de nouvelles potentialités d’interaction avec les lieux qu’ils traversent. Le smartphone qui relie l’espace physique à l’architecture numérique est un média mobile et mobilisable privilégié pour observer la manière dont l’informatique ubiquitaire peut transformer les expériences des consommateurs. Examiner plus spécifiquement les échanges marchands qui s’établissent en contexte de déplacement physico-numérique revient à analyser la façon dont les technologies numériques concourent à une évolution des modalités de distribution et de consommation. L’espace de déambulation soutient l’accentuation du ciblage one to one (Peppers et Rogers, 1999), l’avènement d’un self-marketing (Cochoy, 2012) et à des adaptations et improvisations inscrites dans le cours de l’action. L’observation des pratiques mobiles requiert des méthodes d’enquête aptes à saisir des usages en mouvement, et notamment le recueil des traces numériques. Trois enquêtes ont conduit à l’utilisation des traces pour étudier les usages numériques mobiles : l’enregistrement du trafic Internet mobile de jeunes adultes ; l’extraction des logs de campagnes publicitaires utilisant le dispositif QR code ; l’usage d’une application mobile lors d’une exploration touristique. Ces terrains ont également servi un questionnement relatif à l’utilisation de la trace dans les sciences sociales et ont conclu à l’intérêt de méthodes composites pour éclairer différemment la trace et répondre aux zones d’ombre qui se manifestent dans le travail d’exploitation des données numériques.


Title: Digitalized mobile consumption: smartphone assisted market practices and ad hoc methodologies

Abstract:

From the 1990s onwards, walking spaces gradually integrated digital communication media, creating and thus establishing a continuous flow of information. In this ecosystem, digitally equipped users have gained new powers of interaction with the places they pass through. The smartphone that connects physical space to digital architecture is a mobile medium of choice. Observing it provides the means to show how ubiquitous computing can transform consumers’ mobile experiences. Examining market exchanges occurring in the context of physical-digital mobility amounts to analyzing how digital technologies transform distribution and consumption patterns. The walking space witnesseses the accentuation of one-to-one targeting (Peppers and Rogers, 1999), the advent of self-marketing (Cochoy, 2012) and adaptations and improvisations emerging from the course of action. Observing mobile practices requires survey methods capable of capturing moving uses, including the collection of digital traces. Three surveys took digital traces as the way to study mobile digital uses: recording mobile Internet traffic of young adults; extracting logs from advertising campaign using the QR code system; using a mobile application during a tourist exploration. These fields have also been used to question the use of digital traces in social sciences. The conclusion is that it is worthwhile to use composite methods to make sense of digital traces and clear the grey areas that appear when working on digital data.

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