« L’emploi, la famille et l’articulation des temps de vie chez les
enseignant-e-s du secondaire.

Une comparaison France -Espagne. »

Thèse de doctorat – soutenance prévue le Vendredi 10 décembre 2010 à 14h30

Université de Toulouse II – Le Mirail, Salle du Château

JARTY Julie

Directrices de thèse : Pr. Nicky Le Feuvre et Pr. Teresa Torns (Université Autonome de Barcelone)

 Résumé :

Cette thèse s’intéresse à l’articulation des différentes temporalités sociales à partir d’une étude comparative des trajectoires professionnelles, familiales et personnelles d’hommes et de femmes enseignant•e•s du secondaire en Espagne et en France. Prenant appui sur une cartographie des contextes sociétaux, un examen des modes de structuration de la profession enseignante, ainsi que sur 70 entretiens biographiques et 17 « cahiers temps », cette recherche propose une analyse des mécanismes de différenciation sexuée des modalités de gestion de l’interface des temporalités sociales par le biais de différents niveaux d’analyse. De ce point de vue, la démarche comparative permet d’identifier des « contrats de genre » et des « éthos professionnels » distincts de part et d’autre des Pyrénées. Du côté sociétal, les politiques publiques et les normes d’activité rémunérée et non rémunérée rendent les conditions de maintien sur le marché du travail des mères moins conflictuelles en France qu’en Espagne. Du côté professionnel, la figure de l’enseignante française se caractérise par une forte flexibilité temporelle, tandis que le système scolaire espagnol entraîne des temporalités professionnelles plus rigides. Ces différences engagent des pratiques et des normes divergentes en matière d’articulation des temps de vie dans les deux pays, que les biographies individuelles viennent alternativement conforter, interroger, voire transformer. Cette pluralité des situations empiriques est présentée dans une typologie des expériences sociales du genre adaptée à la profession enseignante.

Mots clefs : genre – interface travail/famille – temporalités sociales – enseignants du secondaire – comparaison internationale – France – Espagne

 Summary

The research analyses the articulation of the different social times based on a comparative study of the work, family and personal paths of female and male secondary school teachers in Spain and France. Drawing on a cartography of the societal contexts, a study of the working conditions within the teaching profession, as well as 70 interviews and 17 “time budgets”, the research proposes to understand the gender differentiated mechanisms of the work/life balance through the articulation of these different levels of analyses. The cross-national comparative approach enables the identification of distinct “gender contracts” and “professional ethos” on both sides of the Pyrenees. On the societal level, public policies and the societal norms relating to paid and unpaid work make of the continuous activity patterns of French mother less problematic than in Spain. On the professional level, the normative model of the French teacher induces high levels of working time flexibility whereas the Spanish school system leads to more rigid working time norms. These differences reflect distinct practices and representations of work/life balance between the two countries, which are confirmed, questioned or even transformed at the individual biography level. A typology of the gender social experiences within the teaching profession provides an illustration of this variety.

Key words: gender – work/life balance – social times – secondary school teachers – crossnational comparison – France – Spain.

 Financement :

Contrats de recherches, enseignements

 Discipline : Sociologie

mise à jour 29 novembre 2010