_ Amadou Hamath DIA

Thèse de doctorat – thèse soutenue le 7 décembre 2006

Co-directeurs de thèse : Jean-Yves NEVERS et Issiaka Prosper LALEYE (Professeur, Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal)

Titre : «Décentralisation et développement local. Le cas de la vallée du fleuve Sénégal.»

Résumé

Cette thèse se propose d’étudier les problèmes liés à la mise en oeuvre des politiques publiques de décentralisation articulées au développement local en milieu rural au Sénégal. Notre objectif est d’analyser dans quelles conditions la décentralisation peut donner une impulsion au développement en favorisant la valorisation des ressources locales. Il s’agit aussi d’analyser comment la décentralisation peut donner des effets déstabilisateurs sur les processus de développement local. En d’autres termes, notre propos est d’analyser comment une réforme venant d’en haut (le pouvoir central) est appropriée, de manière localisée, par les acteurs d’en bas (les administrations territoriales, les collectivités locales et la société civile).

Questions de recherche

Les positions différentes des acteurs locaux sur l’échelle locale ainsi que les ressources et les intérêts divergents pourront-ils s’harmoniser et converger pour répondre aux besoins en santé, en eau, en éducation, en ressources foncières aménagées, bref, en équipements collectifs des populations locales ? Comment, par rapport aux enjeux de développement agricole, de contrôle du foncier et de développement social ou communautaire, vont se restructurer les systèmes d’action locaux ? Quelles sont les nouvelles formes de coopération entre acteurs locaux liées à l’approfondissement de la décentralisation en milieu rural sénégalais ?

Problématique

La vallée du Sénégal est caractérisée par la coexistence de « trois mondes ». Ces trois mondes résultent de l’action interventionniste de l’Etat, des processus migratoires, des politiques d’ajustement et de l’approfondissement de la décentralisation. On peut néanmoins penser que la décentralisation peut amener à des « réarticulations » ou encore à des « repositionements » locaux entre ces trois mondes.

 Le « monde politico-administratif »

Dans le contexte de la vallée du Sénégal, le transfert du pouvoir d’affectation et de désaffectation de la terre du sous préfet au Président du conseil rural marque une étape importante dans le contrôle et la gestion des ressources foncières par les élus locaux. On peut cependant se demander dans quelles conditions les élus locaux des communes et des communautés rurales pourront gérer ces ressources, au regard du contrôle a posteriori qu’exerce le représentant de l’Etat et des résistances que ne peuvent manquer de développer les chefferies coutumières.

 Le « monde paysan »

Le renforcement de la compétence des collectivités locales en matière foncière introduit aujourd’hui une nouvelle donne dans le contrôle des ressources aménagées. On ne peut dès lors manquer de se demander comment les collectivités locales et les associations paysannes vont – elles « coopérer » en vue de rentabiliser les infrastructures hydro-agricoles.

 La « société migratoire »

Avec le renforcement des compétences des collectivités locales sur certains domaines d’intervention (santé, éducation, population et action sociale, etc.) « conquis » par les associations d’immigrés, on peut aussi penser que la décentralisation va impulser de nouvelles formes de coopération avec les associations de villages pour une cogestion durable des équipements collectifs des espaces ruraux.

L’hypothèse de travail que nous faisons est que la décentralisation qui a pour but d’impulser de « nouvelles » formes de développement, peut être un facteur de blocage ou de restructuration des processus de développement localisés et des équilibres qui lui sont antérieurs. Nous avons retenu comme champs d’observation l’échelon local en raison de l’hétérogénéité des acteurs et des enjeux locaux. Les collectivités locales (communes et communautés rurales) de la vallée du Sénégal constituent ainsi nos unités d’observation et d’analyse.

Mots-clés :

Décentralisation, développement local, pouvoirs locaux, migration.

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