Titre : « Le travail des déchets. Regards croisés sur une activité industrielle et environnementale. »

CHAY Claire

Directeur de thèse : Jens Thoemmes

Thèse de doctorat de sociologie – soutenue en novembre 2015

Financement :

Contrat doctoral Unique

Discipline :

Sociologie des organisations, Sociologie du travail

Résumé :

Cette thèse appréhende le travail des déchets par l’usage de méthodes mixtes en sociologie : l’analyse du discours assistée par ordinateur et l’observation participante dans les usines chargées de l’élimination et de la valorisation des déchets. Elle vise à saisir le périmètre du travail dans le secteur du traitement et le contenu de l’activité du tri professionnel des déchets ménagers. En s’appuyant sur une sociologie de l’interaction, de la régulation sociale et du travail d’organisation, cette thèse montre les tensions qui existent entre la finalité environnementale de l’activité (emploi vert) et les conditions du travail industriel.

La première partie souligne des éléments qui définissent ce type d’opposition. D’abord, nous avons observé une forte division du travail, notamment parce que la conception apparaît fort éloignée des activités manuelles qui s’exercent au sein des usines. Ensuite, la coexistence du secteur public et privé marque d’autres enjeux socio-économiques liés au type de gestion des activités. Enfin, travailler dans le milieu des déchets, c’est également prendre en compte la question des risques professionnels et pour l’environnement, qui ne recouvrent pas la même signification en fonction du contexte du travail.

La seconde partie de la thèse vise à comprendre comment les travailleurs du tri vivent ces contradictions et comment ils arrivent à se mouvoir dans cet univers industriel contraignant. Cette thèse montre le passage du novice pour « devenir » un travailleur en intégrant un collectif et en s’appropriant le travail. Cela permet de souligner l’importance des relations sociales et de l’activité langagière dans ce milieu de travail a priori hostile aux interactions. Enfin, le poids des représentations du métier de trieur, le risque de souillure, et l’appréhension du travail à la chaîne amènent le travailleur à négocier ce très sale boulot pour le/se rendre plus viable et digne.

Mots-clés : déchet, risques, environnement, tri, travail à la chaîne, dirty work, régulation sociale, travail d’organisation, observation participante, analyse factorielle du discours.


Abstract

This dissertation explores the work of waste management by the use sociological mixed methods : computer-assisted discourse analysis and participant observation in waste industries. This research aims at showing the scope of work in waste industry as well as the content of the professional household waste sorting activity. The research focuses on interaction, social regulation and organizational work. This PhD dissertation shows the tensions between environement (green jobs) and the conditions of industrial work.
The first part emphasizes on the elements that define this type of opposition.
We observed a strong division of labor, particularly because the conception appears very far from the actual manual activities occuring in factories. Then the coexistence of public and private showcase other socio-economic issues related to the type of management. Finally, work in the waste sector, it is also considering the issue of risks at work and environmental hazards, which meanings are subject to the work context.

The second part of the dissertation research aims at understanding how the workers live these contradictions and how they manage to move in this constraining industrial world. The research shows the importance and the difficulties for a novice to « become » a worker through the integration of a work collective and the appropriation of work. This will highlight the importance of social relationships and language activity in a workplace “a priori” hostile to interactions. Finally, the weight of waste sorter job’s representations, the risk of soiling and the apprehension of line work bring the worker to negotiate this “very dirty work” in order to change the working conditions and representations to be more viable and decent.

Key-words

waste, risks, environment, activity of sort, dirty work, social regulation, organizational work, computer-assisted discourse analysis, participant observation.


Jury :

Dominique Méda, Professeure des Universités, Université Paris-Dauphine (rapportrice)

Olivier Schwartz, Professeur des Universités, Université Paris-Descartes (rapporteur)

Régine Bercot, Professeure des Universités, Université Paris 8 (Présidente)

Gilbert De Terssac, Directeur de recherche CNRS, Emérite, Université Toulouse -Jean Jaurès

Jens Thoemmes, Directeur de recherche CNRS, Université Toulouse -Jean Jaurès (Directeur de thèse)


mise à jour 3 novembre 2015

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