Titre : « De la cause des femmes au marché de l’égalité. L’émergence de l’espace de l’accompagnement à l’égalité professionnelle en France (1965-2012). »

Soline BLANCHARD

Directrice de thèse : Nicky LE FEUVRE, Professeure de sociologie, Université Lausanne, Suisse

Thèse de doctorat de sociologie – soutenanue le mardi 10 septembre 2013

 Membres du jury :

Nicky Le Feuvre, Professeure de sociologie, Université Lausanne, LABSO, Suisse (directrice de thèse)

Valérie Broussard, Professeure de sociologie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, IDHE (rapporteure)

Frédérique Pigeyre, Professeure en sciences de gestion, Université Paris Est Créteil Val de Marne, IRG (rapporteure)

Franck Cochoy, Professeur de sociologie, Université de Toulouse II-Le Mirail, CERTOP

Annie Junter, Maîtresse de conférences HDR en droit privé, Université Rennes 2, CIAPHS

Hélène Lee-Gosselin, Professeure titulaire en management, Université Laval, Québec, Canada

 Financement : Allocataire-monitrice (2006-2009)

 Discipline : Sociologie / Études Féministes

 Résumé :

Comment penser conjointement la (re)production et le changement en matière d’inégalités des sexes ? Telle est la question abordée dans cette thèse, au prisme de l’analyse des protagonistes impliqué-e-s dans l’accompagnement des démarches de promotion de l’égalité professionnelle femmes/hommes au sein des organisations.

À partir d’une expérience personnelle envisagée d’un point de vue réflexif et d’un large corpus de données écrites et orales, dont une centaine d’entretiens, cette thèse propose d’étudier trois dynamiques (d’institutionnalisation, de marchandisation et de professionnalisation) perceptibles au sein de l’ « espace de l’égalité professionnelle », en France, depuis le milieu des années 1960.

L’analyse met d’abord en exergue une « institutionnalisation molle » de l’égalité professionnelle dans le contexte français, au cours de la période considérée. Elle révèle ensuite le caractère « incertain » du marché des prestations de services et du marché de travail au sein de l’ « espace de l’accompagnement à l’égalité professionnelle ». Elle souligne, enfin, la difficile structuration d’un espace investi par des protagonistes issu-e-s d’horizons divers, mobilisant des conceptions variées de l’égalité, de l’expertise et de l’ethos professionnel. Deux facteurs paraissent dès lors jouer un rôle fondamental pour comprendre ces phénomènes, ainsi que le constat posé d’une difficile reconnaissance du caractère « professionnel » de l’activité étudiée : l’emprise du genre sur le fonctionnement de cet espace et le discrédit qui pèse plus généralement sur le féminisme, en France.
Cette thèse permet ainsi d’éclairer certains enjeux scientifiques et sociaux qui se manifestent autour des activités dédiées à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes. De plus, s’inscrivant dans une approche favorisant le dialogue interdisciplinaire, elle fait écho aux préoccupations de plusieurs communautés de recherche, au premier rang desquelles les études genre, la sociologie de l’action publique, la sociologie économique et la sociologie des professions.

Mots-clés : accompagnement, administration, cause des femmes, collectivités territoriales, conseil, consultant, dispositif, diversité, droits des femmes, égalité, égalité professionnelle, emploi, engagement, entrepreneuriat, études genre, féminisme, formation, France, genre, gestion, institutionnalisation, intrapreneuriat, marché, métier de service, militantisme, mouvement de libération des femmes (MLF), professionnalisation, politique publique, rapports sociaux de sexe, régulation, service aux entreprises, travail, Union européenne.

 Abstract:

From the defence of women’s rights to the market for equality: The emergence of a specialist field for the promotion of equal opportunities in employment, France (1965-2012)

Is it possible to analyse simultaneously the (re)production and transformation of gender inequalities? This thesis aims to address this question, by focussing on women and men who are invested in accompanying organisations towards the promotion of equal opportunities in employment.

By taking a reflexive stance on the author’s personal experience and by constructing a rich corpus of written and oral data, including almost one hundred interviews, this thesis uncovers three social processes (institutionalisation, marketization and professionalization), which have characterised the “equal opportunity in employment field” in France, since the mid-1960s.

The research underscores the weak institutionalisation of equal opportunity measures in the French context over the period studied. It also reveals the “uncertain” nature of the job and business opportunities related to accompanying organisations in the promotion of equal opportunities in employment. The thesis illustrates the difficulties associated with organising a field that is invested by individuals originating from very diverse horizons, with varied know-how and qualifications. Two factors seem to play a major role in determining the denial of the “professional” nature of the activities studied here: the highly gendered characteristics of the field in question and the more general discredit of anything associated with feminism in France.
This thesis sheds light on the scientific and social issues that are raised by activities related to the promotion of equal opportunities in employment. From a trans-disciplinary perspective, it echoes contemporary discussions within several research communities, including: Gender Studies, Social Policy, Economic Sociology and Sociology of the Professions.

Keywords: Activism, Administration, Business Services, Consultants, Consultancy, Education, Equality, Equal opportunity, Employment, Employment Agency, Entrepreneur, European Union, Diversity Management, Feminism, France, Gender, Gender Studies, Higher Education, Institutionalisation, Local Government, Management, Market, Militancy, Professionalism, Service occupation, Social Policy, State regulation, Training, Women’s Movement, Women’s Rights, Work.

mise à jour 11 octobre 2013